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Sulfuric acid history

Le dirigeant de la Compagnie de Saint-Gobain

La Compagnie de Saint-Gobain fabriquait depuis le monopole accordé par Louis XIV en 1665 du verre plat de haute qualité et des glaces. Après une interruption pendant la Révolution, la Compagnie recommença à produire. L’expansion de cette industrie allait découler de l’utilisation de soude « artificielle » fabriquée par la Compagnie elle-même. La fabrication et la vente de produits chimiques : acide sulfurique, acide chlorhydrique, carbonate de soude, sulfate de sodium et chlorure d’étain entre à partir de 1835 pour une part importante du chiffre d’affaire de la Compagnie.
1° – La carrière de Gay-Lussac à la direction de Saint-Gobain
Gay-Lussac fut élu en 1832 comme l’un des « censeurs » de la société. Son rôle était consultatif mais il était astreint à une grande assiduité aux séances du Conseil d’administration qui étaient très fréquentes. Gay-Lussac était avant tout apprécié pour son expertise scientifique et technique précieuse pour améliorer la marche des usines de Saint-Gobain et de Chauny (fabrique de la soude).
En 1840, Gay-Lussac devint administrateur, signe d’une promotion mais qui ne changea rien à la nature de ses tâches.
En 1843, nouvelle promotion quand Gay-Lussac bien qu’absent fut nommé, à l’unanimité, Président du Conseil d’Administration.
En dépit de ses nombreuses absences, les dirigeants de Saint-Gobain insistèrent pour qu’il conserve une présidence de plus en plus nominale, en reconnaissance des services rendus et en considération de ce que pour Saint-Gobain son « nom n’est pas moins utile que le serait (sa) présence ».
2° – La tour Gay-Lussac
Dans le cadre des activités de fabrication de l’acide sulfurique par la technique des «chambres de plomb» à l’usine de Chauny, Gay-Lussac mit au point, à partir de 1830, un procédé qui avait pour but de prévenir la libération des oxydes d’azote, indispensables à la fabrication de l’acide sulfurique, dans l’atmosphère. Le but était de réaliser une économie importante de matière première tout en évitant des émissions de gaz improductives et dangereuses au surplus.
Gay-Lussac eut l’idée de faire absorber l’oxyde d’azote par l’acide sulfurique lui-même. Il fallait donc favoriser le meilleur contact possible entre le gaz et l’acide ce qui fut réalisé dans une « tour » inventée par Gay-Lussac.
Cette invention fit l’objet d’un dépôt de brevet en octobre 1842 ainsi que d’un brevet anglais; plusieurs licences furent vendues à des industriels britanniques.
C'est en 1766, à Rouen, rue Pavée, au faubourg Saint-Sever, que fut établie la première fabrique où l'on fit usage des chambres de plomb. Cette importation est due à Holker. En 1774, un des membres de l'Académie des sciences de Rouen, l'ingénieux de La Follie, conseilla un perfectionnement remarquable, l'injection de la vapeur d'eau pendant le cours de la combustion du soufre. Enfin, vers 1840, c'est encore à Rouen que fut imaginé le système de combustion continue qui, de prime abord, éleva cette industrie au niveau de la science. C'est Jean Holker, petit-fils de l'importateur des chambres de plomb, qui est l'auteur du procédé vraiment méthodique que suivent actuellement nos grandes fabriques de Rouen, Paris, Marseille, Saint-Gobain, Thann, Dieuze, Lyon, Lille, Amiens, Caen, Montbrison, etc. On peut donc dire que la fabrication de l'acide sulfurique est une industrie toute rouennaise.
Le nom qu'on donne aux appareils employés à cette fabrication indique assez leur forme générale. Représentez-vous une grande caisse rectangulaire A (fig. 98), dont toutes les parois sont formées par des lames de plomb soigneusement soudées entre elles, de manière qu'il n'y ait aucun jour. Le fond de cette caisse repose sur des dalles de pierre b, b, b, qui l'élèvent à 2 mètres environ au-dessus du sol. Les côtés c, c et le toit d sont isolés de toutes parts et soutenus par une charpente extérieure.
Cet isolement permet de reconnaître très-promptement les fuites qui se manifestent quelquefois dans les lames, et, pour faciliter la visite de l'extérieur, il y a des galeries et tout autour de l'appareil. La grandeur de ces chambres varie à l'infini. Celle qui est le plus généralement adoptée par les fabricants qui n'en possèdent qu'une seule est de 684 mètres cubes. Le plus souvent, actuellement, on fait communiquer plusieurs chambres ensemble, et, dans ce cas, chacune d'elles n'a que 100 mètres cubes, excepté pourtant celle du milieu, qui a jusqu'à 1000 mètres cubes.

L'appareil perfectionné que l'on emploie aujourd'hui repose sur le principe de la combustion continue, imaginé par Jean Holker, et rendu manufacturier par Holker, Chaptal et Darcet. Une fois l'opération commencée dans cet appareil, on ne l'interrompt que lorsqu'il y a des réparations à faire dans les chambres. on est arrivé à ce double résultat d'augmenter considérablement la production,et de diminuer notablement la proportion du composé azotique indispensable à la transformation de l'acide sulfureux.

Sources:

De l'acide sulfurique. Girardin M. : Leçons de chimie élémentaire appliquée aux arts industriels
Memoire sur les manufactures d'acide. Société d'émulation de Rouen. M. Arvers, pharmacien. 1815 (Digitized by Google)
http://www.utc.fr/~tthomass/Themes/Unites/Hommes/gay/Louis%20Joseph%20Gay-Lussac.pdf